La testostérone et moi ?
Bon, pas très malin comme titre, j'imagine...
Mais la question de monbricabrac sur le précédent post m'interpelle. Elle pose également le problème de l'amitié homme/femme, un sujet, d'ailleurs, qu'elle a déjà abordé. Sujet éminemment complexe, intéressant aussi. Cette bête là peut-elle exister ? L'amitié homme/femme est-elle la même que l'amitié homme/homme, ou femme/femme d'ailleurs. En ce qui concerne cette dernière option, je ne me prononcerai pas, évidemment. Je me cantonnerai à ce que je peux expérimenter, à savoir les deux premières amitiés sus-citées.
Un premier problème se pose : pourquoi définir à priori deux types d'amitié ? C'est le même mot, pourquoi, « d'instinct », ai-je envie de faire une séparation ? Sont-elles vraiment différentes ?
Je n'aime pas la langue de bois, ni le « bien-pensant » en général. Tout comme je crois que l'égalité « naturelle » n'existe pas (bein, oui, faut quand même reconnaître qu'il y a des beaux, des moches, des cons, des intelligents, des brillants, des intuitifs, des sensitifs et que sais-je encore ? Nous sommes tous différents, et tant mieux, mais par là même inégaux par nature. C'est la société qui devrait, à mon sens, rendre tout le monde égal sur le plan des droits et des choix possibles. Ce n'est pas le cas, malgré la rhétorique bien-pensante, mais c'est le but théorique de tout bon gouvernement, je crois... petit hors-sujet, pas si hors que ça), je crois que l'égalité amicale n'existe pas vraiment. Je vais m'expliquer. Ce ne seront que des ressentis personnels, non généralisables. On peut bien heureusement ne pas être en accord avec ce que je vais dire (je précise au cas où « vous-savez-qui » pointe son nez ici, qu'il ne me taxe pas de dogmatique ;-p).
Je m'explique, donc. J'ai beau dire, j'ai beau faire, j'ai beau y avoir réfléchi, j'ai beau me raisonner, je n'y peux rien, je ne vois pas « une femme » de la même façon que « un homme ». Consciemment, ou non, j'ai la sensation de m'adapter à la situation différemment si j'ai affaire à un homme ou à une femme. Soyons vraiment honnête avec nous même, qui ne le fait pas (homme ou femme) ? Je ne crois pas être le seul (du moins j'espère...). Je ne dis pas que c'est « bien », je tendrais plutôt à penser que c'est « mal », mais c'est comme ça. Je ne sais si c'est « naturel » ou au contraire « acquis », ou les deux. C'est. Enfin pour moi. Il faut certainement dépasser ce clivage. Mais je crois qu'il existe.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis : je ne crois pas que, selon notre sexe, nous soyons fondamentalement différents, pas du tout. Je pense juste que notre comportement change en fonction du sexe de l'interlocuteur. Remarquez, je crois que le sexe n'est pas le seul paramètre à prendre en compte, l'âge en est un autre, et très important. Bien d'autres entrent en compte, mais ma « réflexion » porte ici sur le sexe - je ne considérerai que le cas où les personnes sont sensiblement du même âge (sauf exceptions, parfois, le contexte que je vais décrire ne se produit qu'entre personnes sensiblement du même âge, donc).
(Précision : je ne réduis pas notre vie à ce qui va suivre, bien entendu et heureusement. Si cela se réduisait à « ça », je me pends direct...)
Pourquoi ce changement de comportement ? Ma réponse toute bête : le sexe. Enfin la reproduction. A ce moment, c'est le « biologiste » qui parle. Au fond, nous ne sommes que des amas de cellules eucaryotes qui cherchent à se développer. C'est le but de la vie : se développer, se propager, à n'importe quel prix (on pourrait presque parler de la dictature de l'ADN (ou ARN pour les rétrovirus, bref...)). D'un point de vue biologiste en tout cas. Ne le nions pas : nous avons une raison, nous, les humains, mais également un corps. Ce corps, notre partie « animale », agit sur nous, et même sur notre réflexion - buvez cinq-six verres de vins (du Vosne-Romanée si vous avez de la chance ;-) ) - si vous ne me croyez pas. Même le « matériel » a une incidence sur notre partie « noble », à savoir la conscience.
En ce qui concerne notre problème, l'amitié, et en général, les relations hommes/femmes, ce n'est pas le formidable Vosne-Romanée qui s'interpose, mais tout bonnement nos hormones. Bein, oui, c'est triste, mais nous ne sommes pas de purs esprits (mon rêve...). Nous avons un corps, il nous le rappelle sans cesse. Ce corps influence nos pensées. Grosso-modo, je dirais que biologiquement, nous sommes programmés pour ne pas réagir de la même façon envers un homme ou une femme - vous remarquerez que je n'évoque pas l'homosexualité ; si vous le voulez bien, je ne la traiterai pas, cela complique le propos, et me pose un problème théorique : malgré leur « inversion » (je ne supporte pas ce terme, je le place ici par provocation, en référence à la vieille école de psychiatrie), je traite mes amis homosexuels comme des hommes, non comme des femmes (la question devrait plutôt leur être posée : me traitent-ils comme un homme, une femme, ou ont-ils, grâce à leur sexualité, dépassé ce problème).
Je réponds donc, en me justifiant maladroitement par la biologie, que non, je ne suis pas exactement pareil avec un homme ou avec une femme, sauf si j'ai dépassé, avec celle-ci, les considérations reproductrices.
Et oui, ma dernière phrase apporte une grosse nuance !
Autant être honnête, si la femme ne me plaît pas - pas que physiquement, bien entendu, j'ai même tendance (trop ?) à mettre l'intellect, et les valeurs au premier plan (que ça soit chez les hommes ou les femmes) - je ne fais plus de différence entre elle et un ami. Mais la condition est sine qua non. L'ambiguïté sexuelle doit avoir été levée. A savoir :
-
pas d'attirance sexuelle (mais il peut y avoir, heureusement, une attirance spirituelle ou intellectuelle, comme avec un ami homme).
-
on a déjà « couché ensemble », le « problème » est levé (en conclure que ma petite amie, quand j'en ai une (:-p) est également une vraie amie).
Pour ce qui est de la chanson de Jamait, je dois bien avouer que, dans mon cas tout du moins, les considérations évoquées peuvent me traverser l'esprit. Mais jamais entraver la discussion (même si ça me demande parfois un (gros) effort), et je pense que la femme en face ne le remarque même pas, d'ailleurs.
Un petit aparté, c'est pour ces bonnes (?) raisons que je ne postulerai pas (le moment venu) dans une loge mixte...
Bravo si vous avez lu jusqu'au bout !
(Pour être honnête, j'ai écris ça avec un petit coup dans le nez, malheureusement non dû à du Vosne-Romanée, c'est peut-être imbitable... Si ça l'est vraiment, dites le moi, j'arrêterai d'écrire avec plus de 0,5g d'éthanol par litre de sang...)
Edit du 06/04 : Après relecture à la lumière de ma lucidité retrouvé, cet article ne sert à rien, et me fait l'effet d'une graphorrée éthylique. Je le laisse pour le "folklore"...