Eternel débat : l'euthanasie

Publié le par Etarcos

Suite à mes pérérégrinations "bloguesques", je suis tombé sur le blog de ti'amo. Celui-ci est contre l'avortement et l'euthanasie. Voici ma réponse à une de ses réponses de commentaire (comment ça c'est pas clair ?) :

"Le terme "soigner" peut prendre diverses significations. "Soigner", c'est d'abord "écouter". Soigner, ça peut être "pallier une perte d'autonomie" temporaire ou définitive ("faire une toilette" par exemple). "Soigner" ça peut être "prescrire", "opérer", "faire un pansement"... Et parfois, malheureusement, je maintiens, ça peut être "tuer".
Je vous rejoins sur un point : une agonie d'animal, aussi poignante soit-elle, n'est pas comparable à une agonie d'être humain. L'humain qui dépérit dans son lit, c'est vous, c'est moi... Il vous ramène forcément à votre propre mort.
Vous interprétez mes propos : je ne souhaite pas voir l'euthanasie considérée comme un devoir. Je comprends parfaitement que certains praticiens ou infirmier(ère)s refusent de la pratiquer, tout comme pour les avortements (ils ont d'ailleurs le choix de refuser de pratiquer l'avortement). Et si je n'ai pas dit que la mort était désespérante... l'agonie l'est à coup sûr (du moins pour le patient qui la vit).
Le problème de l'aptitude du patient à formuler cette demande est effectivement une autre paire de manche. Je n'ai pas de solution miracle à proposer. Je pense qu'un expert psychiatre, assisté par un psychologue et l'équipe soignante serait apte à décider de la validité de la demande.
Pour ce qui est de votre dernière question, je l'ai dit plus haut : l'euthanasie ne peux être considérée, selon moi, comme un devoir, mais bien parfois comme un fardeau que le soignant aurait la liberté de choisir de supporter. Ce n'est absolument pas un acte égoiste, à mon sens. C'est tout simplement reconnaître à la personne humaine le droit de choisir sa propre fin. On ne décide pas de son départ dans la vie, je crois qu'en retour nous pourrions avoir le choix de notre fin. Tout du moins d'avoir le choix de faire cesser des souffrances insupportables (tant sur le plan physique que psychologique)."

Pour avoir l'intégralité de l'article, c'est ici.
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Publié dans Points de vue

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I
juste te dire que j ai eu "droit" à la question sur l euthanasie, et grâce à toi, j avais formulé une réponse que j ai pu exprimer plus facilment<br /> merci etarcos.
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E
De rien, je suis très heureux que mes quelques lignes aient pu t'aider :-)
T
ben ça fait 2 discussions parallèles, maintenant... ...vous auriez pu venir discuter chez moi, ç' aurait été plus simple...<br /> <br /> enfin.<br /> (je me dois tout de même d'ajouter une remarque après lecture de ce qui précède : sur l'usage de la morphine, je serais effectivement plus des partisans de son usage sans trop de restrictions dans ces services.<br /> Décréter que l'on peut tuer quelqu'un parce que sa vie n'a plus de sens (et même si on y met des mots plus bisounours), c'est une chose,<br /> Soigner la douleur et que ça "racourcisse" la vie, ça n'a rien à voir.<br /> C'est de la "balance bénéfice-risque", on appelle ça, je crois.<br /> <br /> ...et surtout qu'on hésite plus à morphiner un animal qui a mal, ça me semblerait mal venu de le refuser à un humain qui souffre.
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E
Oui, il y a double discussion, mais j'ai indiqué le lien vers votre blog dans mon article, pour les gens qui seraient intéressés.
T
Voici ce que je lui ai répondu:<br /> <br /> -------<br /> <br /> Je ne commenterai pas le fond de votre article tout simplement parce qu'il est absent, vous ne vous livrez qu'à une joute verbale (avec un texte, donc sans interlocuteur!) et un exercice de rhétorique basé sur le cynisme et la mauvaise foi. La caricature que vous faites des propos que vous citez ne vont pas dans le sens d'un dialogue constructif. Vous lui déniez tout argument valable en en tirant l'interprétation la plus radicale possible.<br /> <br /> Oui on peut aider quelqu'un à mourir, on l'aide à se tuer lui même si vous préférez. Comment pouvez-vous dénier au soignant ayant accepté la demande du patient la capacité de réaliser pleinement lui même des implications de cette demande? Sachez que dans l'esprit d'un soignant une telle décision est un aveu d'échec avec lequel il devra se débattre.<br /> <br /> "La première des 2 justifications apportées à cet acte : "Parce que, de façon certaine, la maladie l?emportait sur nos thérapeutiques" - alors, qu'il faille comprendre par là, "on l'a tué parcequ'il allait mourir" ou "on l'a tué parce qu'il voulait pas soigner, ce con", ça n'est pas très très malin, pour des "soignants". C'est sûr, ça doit être vexant de prendre conscience des limites de sa toute-puissante thérapeutique, mais de là à éliminer le vexeur...."<br /> Quelle interprétation torturée et suintant la mauvaise foi, ce qui est dit c'est qu'en effet dans certains cas la thérapeutique est impuissante mais vous perdez de vue que la demande est TOUJOURS à l'initiative du patient et qu'elle n'est pas suggérée et encouragée à l'origine par l'équipe médicale. Vous pourrez répliquez si vous voulez rester dans le registre du cynisme qu'il est tout à fait possible qu'un soignant prenne les devants et précède la volonté du patient. Mais il s'agit de là d'un comportement allant contre toute déontologie médicale qui se doit d'être poursuivi et sévèrement puni. Assimileriez-vous ces pratiques déviantes à la norme admise dans le corps médical? Pouvez-vous dénier toute capacité d'intégrité et d'honnête au corps médical? A partir de ce principe se faire hospitaliser reviendrai à se livrer à la merci de fous.<br /> <br /> C'est pourtant ce que vous faites en affirmant que le véritable sens de la phrase que vous citez déclare que la décision d'euthanasie est prise dans un contexte frustration dirigée contre le patient! Vous ne pouvez pas décider arbitrairement que le corps médical est mu par un sentiment de frustration qu'il retourne à l'encontre du patient.<br /> "bon, ça nous est arrivé de faire ça, mais c'est illégal, alors dites on voudrait comme ça, que la loi change ; pour nous ; et que ce qu'on a fait d'illégal soit finalement légal, et de façon rétroactive, histoire qu'on soit des héros avant-gardistes plutôt que de simples citoyens gravement fautifs. ce serait cool, merci."<br /> <br /> Avec ce genre de démarche et de tels raccourcis on pourrait faire passer n'importe quel propos pour une idiotie, je ne dis pas que cet appel signé par ces 2000 soignants est exempt de tout défauts, mais même un argumentaire d'une solidité à toute épreuve est détournable si l'on rabaisse le débat au niveau de l'interprétation cynique et déformante. Vous avez exposé un sens ridicule à ce texte, mais sans lien aucun avec son sens véritable.<br /> <br /> Pour moi tout ceci ne rentre pas dans le débat de l'euthanasie, vous n'en avez même pas parlé dans votre article en fait.<br /> <br /> Heureusement vos commentaires sont plus de nature à poser les bases d'un débat. Et je vais reprendre plus sereinement vos arguments.<br /> <br /> "Du coup, que répondre à un ami suicidaire ? S'il veut s'éliminer, c'est bien en raison d'une souffrance qu'il juge insupportable. Pourquoi lui proposer plutôt une thérapie plutôt que d'emblée une euthanasie, sinon parcequ'on ne le voit pas encore comme déjà mort ?"<br /> <br /> Vous faites un amalgame (volontaire?) avec la dépression, il n'est pas question ici de donner de quoi se tuer à une personne dépressive. Certes une condition physique insupportable peut amener à une forme de dépression, mais le débat concernant l'euthanasie ne concerne, à l'inverse de ce que vous affirmez, " le cas de maladies incurables voire en phase terminale.", non pas en premier lieu les maladies incurables (le diabète est incurable mais il y a des palliatifs) mais bien les phases terminales de maladies incurrables engendrant de la souffrance devant laquelle la thérapeutique est impuissante.<br /> <br /> Votre argument du libre arbitre se tient mais il tombe également dans son propre piège, vous postez par avance qu'un patient n'est pas capable de prendre une telle décision. Votre libre arbitre est donc plus réel que le sien, mais qu'en savez-vous, pouvez vous affirmer que vous êtes maître de votre libre arbitre? Nous sommes maintenant dans une impasse, déterminer qui a raison sans faire appel à une croyance (qu'elle soit issue d'une conviction religieuse ou d'une réflexion personnelle) devient problématique. Il y a tout de même je pense une chose à dire c'est que ce qui ne peut être réfuté que par la croyance appelle alors à une certaine tolérance pour les avis divergents. Ce qui implique que toute tentative qui s'appuie sur une apparence de logique pour démontrer l'invalidité ou la validité d'un avis relevant de la croyance est une imposture.<br /> <br /> Il y a autre chose qui ressort enfin qui manque en fait, vous mettez tous les patients dans le même sac, aucun n'est capable de faire ce choix (mis à part ce que vous appelez les stoïciens et, teinté d'un certain péjoratisme ou au meilleur des cas de désinvolture, les "vaguement moines bouddhistes"). Que faites vous des individualités, des cas particuliers. Les patients ne sont pas une masse aux réactions prévisibles.<br /> <br /> '"Reste qu'il faut voir ce qu'on appelle mourir dignement. entouré ou seul dans son coin ? regardé jusqu'au bout comme un être humain aussi digne que tout autre, ou alors avec commisération, comme un déchet humain un peu dégoûtant qu'on souhaiterait bientôt parti ?"<br /> Encore une fois vous éludez le patient lui refusant ou en niant toute participation à la prise de décision. En outre vous prêtez des intentions radicales, à on ne sait qui, les soignants peut être, "un déchet humain un peu dégoûtant qu'on souhaiterait bientôt parti", encore une fois qu'est-ce qui vous permet d'assimiler le corps médical à un point de vue à la limite de la toute puissance qui s'arroge le droit de décider qui doit vivre et qui ne le doit pas. Ce n'est pas là le propos des auteurs de ce texte.<br /> <br /> "Et dans l'histoire humaine ceux qui ont fait toujours preuve de compassion envers leurs semblables souffrants, a toujours été de les accompagner jusqu'au bout, avec amour et... ...dignité, oui.<br /> Pas de les achever. Même en souriant."<br /> Vous présentez un avis comme une vérité, en tant qu'avis je le respecte mais j'en réfute le statut de vérité factuelle, car non démontrée. Je répondrai donc par un avis.<br /> Mon sentiment est que l'ont peut parfois s'en tenir à ce que vous dites mais il y a des cas où vous ne parviendrez pas à accompagner avec dignité une personne en souffrance terminale, vous peut être aurez le sentiment de vous acquitter de la tâche avec dignité mais qu'en est-il du ressenti du patient? Votre conception de la dignité est-elle la même que la sienne? Achever veut-il dire la même chose pour la personne qui est en souffrance que pour celui qui se tient devant-elle? On pourrait même pousser plus loin, toutes les personnes en souffrance terminale ont-elle la même définition de la dignité et ont-elles toutes le même entendement de ce qui signifie achever?<br /> <br /> --------
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E
Ba... rien à ajouter :-)
I
j ai voulu aller lire l ensemble du post que tu indiques, avant d exprimer mon ressenti face a cette douloureuse problematique<br /> parce que c est bien d un ressenti que je transcrit <br /> <br /> je suis incapable de rationalite sur ce sujet<br /> <br /> dans ce que tu ecris je sens beaucoup d amour pour ceux qui souffrent et meurent, et quoi que tu choisisses, c est la mour de lautre qui dicte, pas une loi, un devoir ou pire une recherche de bonne conscience...<br /> <br /> si un jour c est quelqu un que j aime, si c est moi, qui suis la , a attendre la mort dans ces conditions, je souhaite que toi, ou un de tes freres soient la...<br /> <br /> le post de ti hamo m a vraiment genee par son cote polemique provocation , je n aurais aucune envie de repondre, a lui.
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E
Merci de ton commentaire Isis, il me touche beaucoup car tu exprime exactement mon ressenti. Harmonie te l'a déjà faites, mais tu le fais quand, ton "blogatoi" ? Au plaisir :-)
S
Justement. Quel est l'impact psychologique d'une telle décision sur le soignant ou sur les proches ?
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E
Mon expérience sur le sujet est assez limitée. Je dirais que "ça dépend". Pour le soignant, c'est un problème idéologique (et bien souvent religieux). Certains soignants sont pour, d'autres contre. J'ai rencontrer les deux cas. De ma propre expérience, qui n'est que mon expérience, la majorité des soignants y est favorable. Pour ce qui est de l'impact psychologique sur les soignants, je dirais que c'est comme pour le patient : c'est une décision difficile, mais qui soulage. Je t'assure que certaines agonies sont quasi-insupportables.Pour les proches, c'est la même choses : certains l'acceptent, car de voir leur mari-femme-soeur-frère-ami-père-mère (rayer la mention inutile) souffrir autant leur est très difficile. D'autres n'acceptent pas l'avis de leur proche, et c'est très dur à vivre pour la personne qui a fait ce choix. La communication est essentiel. J'ai la sensation de ne dire que des banalités, ça me dérange quelque peu... Je raconte juste ce que j'ai pu voir.Une dernière chose : en discutant avec des médecins autour de la cinquantaine ou de la soixantaine, je me suis rendu compte que beaucoup d'ami à eux, médecins également, se suicidaient lorsqu'ils apprenaient certains diagnostics... Mais il est vrai que j'ai aussi discuté avec des médecins absolument contre. Tellement contre qu'ils hésitaient à prescrire de la morphine à des personnes très souffrantes et en fin de vie, de peur de les "achever". C'est à mon avis inadmissible. L'équipe soignante faisait d'ailleurs front pour obliger le médecin à prescrire. Merci aussi aux internes de passage... ils ont moins de réticences à prescrire cet antalgique (car plus jeunes, mieux formés à l'usage de cette drogue, et souvent moins "intégristes"). D'une part la morphine est très sûre, il existe un antidote à effet instantané, le Narcan, en cas de surdosage, et d'autre part, même si elle enlève quelques heures de vie à une personne qui va décéder dans les deux ou trois jours, au moins, ce décès se produira sans douleurs (ou du moins avec des douleurs plus supportables).