"N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit" Dylan Thomas

Publié le par Etarcos

Mon très bon ami "PCsan" m'a fait découvrir ceci. J'aime beaucoup. Mais la lumière s'éteint-elle vraiment avec la mort ? Prenez Mozart par exemple...


"N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,

Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;

Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

         

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,

Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair, ils

N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

      

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs

Leurs actes frêles auraient pu danser en une verte baie

Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

  

Les hommes violents qui prirent et chantèrent le soleil en plein vol,

Et apprennent, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course,

N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

        

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante

Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s’égayer,

Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

           

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation

Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t’en prie.

N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.

Rage, enrage contre la mort de la lumière."


                                                                           Dylan Thomas

Publié dans Poésies

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T
Je me suis mal exprimé dans mon premier message, on peut réfléchir à partir d'un poème, mais le poème en lui même n'est pas une réflexion, je le considère plus comme un avis, dont on peut éventuellement discuter en effet. Et en l'occurrence je ne suis pas entièrement d'accord avec D.Thomas. Même les gens qui ont agi devraient éprouver de la rage au moment de mourir? Je ne souscris pas, c'est l'existence de la mort qui fait qu'on n'a pas agi pour rien au cours de sa vie, quel intérêt d'entreprendre quelque chose si la vie est éternelle? Se révolter contre la mort n'a de sens que pour celui qui voit mourir un être cher, moins pour celui qui meurt après une vie accomplie.
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E
<br /> Très d'accord avec ta dernière phrase...<br /> <br /> <br />
P
Je suis d'accord avec toi Thra quand tu dis que le poème décrit le ressenti de Dylan Thomas sur la mort au moment ou sont père est agonisant. Ceci dit il peut aussi susciter des réflexions, pas forcément sur la mort mais sur la vie qu'on a envie de mener. La mort est violente, ragente d'après le poète et je me range à ses côtés; elle est trop souvent occultée dans nos sociétés sans spiritualité ou l'atermoiement est la règle. Ne pas perdre ça de vue, balayer les futilités et se recentrer sur ce qui est important à nos yeux pour ne pas être déçu de mourir et atténuer la violence et la rage de se moment inéluctable: voilà les réflexions que provoque chez moi la lecture de ce poème.
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T
C'est avant tout du ressenti non? Comme disait je ne sais plus qui, on ne fait pas de la poésie avec des idées, mais avec des mots. Je ne prends pas ce poème comme une réflexion sur la mort mais plutôt comme le ressenti de Dylan Thomas face à la mort à un moment donné.
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T
Petite précision qui a cette importance, Dylan Thomas a écrit ce poème lorsque son père agonisait. Il semble l'exhorter à combattre la mort tout en sachant qu'elle n'est pas évitable. Apparemment pour lui le passage de la vie à la mort bien qu'inéluctable ne doit pas se faire sans résistance. Il a l'air de la craindre et s'en révolter, je ne sais pas si il y a réellement matière à réfléchir avec ce poème (de toue façon la poésie ce n'est pas de la philo ^^), à moins qu'on ne le prenne que comme prétexte pour lancer une discussion à propos de la mort.
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E
<br /> La poésie n'est pas de la philo ? Je crois au contraire qu'elle peut servir de moyen d'expression de la spiritualité, des valeurs, de notre morale... Bref, de la philo :-p<br /> <br /> <br />